Depuis l’annonce iranienne conditionnant la réouverture partielle du détroit d’Ormuz au paiement du pétrole en yuan, une idée se répand à grande vitesse : celle de la fin imminente de l’hégémonie du dollar. Sur les plateaux de télévision comme sur les réseaux sociaux, le récit semble déjà écrit. Le « pétroyuan » serait sur le point de renverser les pétrodollars et d’ouvrir une nouvelle ère monétaire.
Mais au milieu de cette vague d’enthousiasme géopolitique, un économiste camerounais choisit de prendre le contre-pied. Dans une analyse volontairement iconoclaste, le Dr Joël Teubissi Noutsa rappelle que la domination du dollar ne repose pas simplement sur la facturation du pétrole. Elle repose avant tout sur l’architecture financière mondiale, sur la profondeur exceptionnelle des marchés américains et sur le contrôle des infrastructures de paiement internationales.
En d’autres termes, le débat sur le pétroyuan repose largement sur un contresens. Car la véritable bataille monétaire mondiale ne se joue pas dans la devise utilisée pour quelques cargaisons de pétrole. Elle se joue ailleurs, dans les structures profondes de la finance internationale, là où le dollar continue pour l’instant de régner sans véritable rival.


Laisser un commentaire