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Bénin | Après la tentative de putsch, Abuja intervient et la Cedeao enclenche sa Force en attente 

Alors que Cotonou se réveillait encore groggy après les heures de tension liées à la tentative de prise de pouvoir par un groupe de militaires, Abuja a brisé le silence en révélant l’ampleur de son engagement aux côtés des autorités béninoises. Dans un communiqué diffusé tard dans la soirée du 7 décembre, la présidence nigériane a confirmé avoir mené des frappes aériennes ciblées dans la capitale béninoise et déployé des unités au sol, à la demande expresse du gouvernement de Patrice Talon.

Le Nigeria sollicité en urgence par Cotonou

Selon les autorités nigérianes, deux demandes formelles ont été adressées par Cotonou dans la nuit : l’intervention d’avions de combat pour déloger les mutins retranchés à la télévision nationale et dans un camp militaire, puis l’envoi de troupes terrestres pour sécuriser plusieurs points stratégiques et épauler l’armée loyaliste.

Le président Bola Ahmed Tinubu a donné son feu vert immédiatement, autorisant l’entrée de l’aviation nigériane dans l’espace aérien béninois et ordonnant la projection de soldats « afin de contribuer à la sauvegarde de l’ordre constitutionnel ». Des opérations de surveillance conjointes ont également été conduites au-dessus de Cotonou. « Des éléments de nos forces sont actuellement positionnés au Bénin », précise le communiqué d’Abuja, soulignant que cette intervention s’inscrit dans le cadre des mécanismes prévus par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

La Cedeao enclenche son bras armé

Dans un climat régional déjà crispé par la succession de putschs, la Cedeao a annoncé le déploiement de détachements provenant du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Sierra Leone. L’objectif affiché : renforcer les institutions béninoises et contribuer à neutraliser tout risque de basculement.

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Cette mobilisation rapide, rare dans la région, rappelle le rôle central de la Force en attente de la Cedeao, unité multinationale constituée pour répondre aux crises majeures.

Par le passé, cette force a été engagée en Gambie en 2017, pour contraindre Yahya Jammeh à céder le pouvoir après avoir contesté sa défaite électorale ; au Mali en 2013, dans un soutien indirect à la transition institutionnelle après la crise politico-militaire ; au Liberia et en Sierra Leone dans les années 1990-2000, au travers d’ECOMOG, son ancêtre direct, lors des guerres civiles ; en Guinée-Bissau à plusieurs reprises, notamment en 2012, pour stabiliser le pays après un coup d’État.

En activant son dispositif de sécurité collective, l’organisation ouest-africaine entend envoyer un signal sans équivoque à l’approche d’une année électorale sensible au Bénin.

« Stabiliser un voisin »

Dans une déclaration distincte, le président Tinubu a salué « la détermination » des forces nigérianes qui, selon lui, « se sont dressées pour protéger un pays frère ». Il affirme que toutes les actions entreprises l’ont été « à l’invitation du gouvernement béninois » et dans le respect des protocoles sous-régionaux.

En toile de fond, les opérations menées par Abuja et par la Cedeao traduisent l’inquiétude régionale face à toute résurgence de putschs militaires en Afrique de l’Ouest, après les basculements successifs observés au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Niger.

Dans les ruelles de Cotonou encore marquées par les affrontements de la nuit, la reprise en main du terrain par les forces loyalistes se poursuit. C’est dans ce sillage que le Chef d’État Major de l’armée de terre, Abou Issa et le Chef d’État Major de la garde nationale , Faïzou Gomina tous deux gardés par les mutins ont été libéré ce lundi 8 décembre 2025.

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