Acceuil Société Cameroun| Yaoundé accueille du 9 au 13 février le plus grand congrès de l’eau d’Afrique : 3 000 experts attendus
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Cameroun| Yaoundé accueille du 9 au 13 février le plus grand congrès de l’eau d’Afrique : 3 000 experts attendus

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Congrès AAEA Yaoundé 202
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411 millions d’Africains. C’est le nombre de personnes qui n’ont toujours pas accès à l’eau potable en 2026. Cinq ans avant la date butoir de 2030, l’Afrique accuse un retard abyssal sur l’Objectif de Développement Durable n°6. Mais du 9 au 13 février, Yaoundé refuse la fatalité. Le Palais des Congrès accueillera 3 000 experts, décideurs et innovateurs venus de 50 pays pour un seul rendez-vous : le 23ème Congrès International de l’AAEA

L’incroyable défi du Congrès AAEA Yaoundé 2026 : Sauver l’eau en Afrique

Le compte à rebours est lancé. Dans quelques jours, le Palais des Congrès de Yaoundé ouvrira ses portes au 23ème Congrès International et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). L’événement, organisé en partenariat avec le gouvernement camerounais et la CAMWATER, se déroulera du 9 au 13 février 2026 autour d’une thématique aussi urgente qu’ambitieuse : « Eau et Assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique ».

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Trois Africains sur cinq, soit 411 millions de personnes, n’ont toujours pas accès à l’eau potable dans des conditions sûres. Seuls deux pays sur les cinquante-quatre que compte le continent sont en bonne voie pour atteindre l’objectif de l’assainissement universel de base d’ici 2030, date butoir fixée par l’Objectif de Développement Durable n°6. À cinq ans de cette échéance, le congrès de Yaoundé ne se veut pas une énième grand-messe. Il s’impose comme un laboratoire d’accélération, un carrefour où décideurs politiques, régulateurs, industriels, chercheurs et experts techniques devront transformer l’urgence en action concrète.

Depuis sa première édition, le congrès de l’AAEA a connu une croissance spectaculaire. De 900 participants à Marrakech en 2012, l’événement est passé à 3 000 délégués à Abidjan en 2022 puis à Kampala en 2024. Cette année, Yaoundé attend le même afflux, confirmant la montée en puissance d’un rendez-vous désormais incontournable du calendrier africain de l’eau. Sur le terrain, l’effervescence est palpable : les équipes logistiques s’activent pour ériger les stands d’exposition, véritables vitrines technologiques où entreprises locales et multinationales dévoileront leurs solutions les plus innovantes.

Cette édition 2026 marque également un tournant stratégique. Face à l’échec prévisible des ODD dans le secteur de l’eau, l’AAEA a choisi de placer l’innovation, les partenariats stratégiques et le financement au cœur de son dispositif. Le message est clair : il ne suffit plus de diagnostiquer, il faut délivrer. Et vite.

Six axes stratégiques pour sortir de l’impasse

Le programme du congrès s’articule autour de six axes thématiques conçus pour couvrir l’intégralité de la chaîne de valeur du secteur. Axe 1 : la gestion intégrée des ressources en eau, qui aborde la question cruciale de la préservation et de l’allocation équitable d’une ressource de plus en plus rare. Axe 2 : la gestion de l’eau, centrée sur l’efficience opérationnelle des services publics et la réduction des pertes. Axe 3 : la gestion de l’assainissement, parent pauvre des politiques publiques africaines, mais levier sanitaire majeur.

Axe 4 : le développement des capacités, la communication et les partenariats, pour renforcer l’écosystème humain et institutionnel. Axe 5 : la gouvernance et le financement, nerf de la guerre dans un secteur chroniquement sous-financé. Axe 6 : la recherche, la technologie et l’innovation, pour faire émerger des solutions adaptées aux réalités du terrain.

Ces axes ne sont pas de simples catégories académiques. Ils structurent un programme riche de plus de 600 communications scientifiques, une dizaine de sessions techniques parallèles, des ateliers pratiques et des événements parallèles organisés par les partenaires. Chaque journée s’ouvrira et se clôturera par des sessions plénières réunissant des personnalités de premier plan : ministres, directeurs d’agences internationales, PDG de grands groupes, chercheurs reconnus. L’objectif : créer une dynamique de cross-fertilisation entre la recherche, la politique et l’opérationnel.

Le 10 février, le symposium de haut niveau constituera le moment phare du congrès. Après un discours inaugural, un panel réunissant experts internationaux et décideurs africains explorera les leviers stratégiques pour accélérer l’atteinte de l’ODD 6. Cette séquence de haut vol sera complétée par un Forum des Chefs d’Entreprise, réservé sur invitation aux Directeurs Généraux des opérateurs de services publics et des institutions membres de l’AAEA. Un espace de réflexion privilégié sur les enjeux organisationnels et politiques, loin du brouhaha des sessions plénières.

Mais le congrès ne sera pas qu’un festival de PowerPoint. Des visites techniques permettront aux participants de découvrir les installations phares du secteur au Cameroun. Des tables rondes thématiques, sur inscription préalable, offriront un cadre intimiste pour partager expériences et solutions entre pairs.

Et surtout, un système de rencontres d’affaires individuelles, orchestré via une plateforme numérique, permettra à chaque délégué de solliciter jusqu’à dix rendez-vous ciblés avec des partenaires commerciaux potentiels. L’eau devient business, et le congrès l’assume pleinement.

L’innovation comme arme de disruption massive

Si le congrès de Yaoundé veut marquer les esprits, c’est par sa capacité à transformer l’innovation en levier opérationnel. Deux dispositifs incarnent cette ambition : le Village de l’Innovation et le Forum des Start-ups.

Le premier mettra en lumière les technologies ayant fait leurs preuves ailleurs et susceptibles d’être déployées à grande échelle en Afrique. Systèmes de traitement low-cost, solutions de télégestion, technologies de dessalement solaire, réseaux intelligents… L’exposition internationale, qui se tiendra en parallèle du congrès, sera le théâtre de cette vitrine technologique.

Le Forum des Start-ups, quant à lui, offrira une scène aux jeunes innovateurs et porteurs de projets. Trop souvent cantonnés aux marges du secteur, ces acteurs disruptifs auront l’opportunité de pitcher leurs solutions devant investisseurs, décideurs publics et grands groupes. L’AAEA, consciente que l’avenir du secteur passera par ces initiatives bottom-up, a choisi de leur donner une visibilité maximale. Une manière aussi de rajeunir un écosystème parfois sclérosé par des logiques institutionnelles héritées.

Cette dynamique d’innovation sera couronnée par la remise des Prix de l’AAEA lors du dîner de gala du 11 février. Prix JPEA, Prix du Meilleur Projet, Prix de la Meilleure Innovation dans l’Assainissement, Prix de la Meilleure Innovation dans l’Eau : autant de distinctions qui récompenseront l’excellence et feront rayonner les meilleures pratiques à l’échelle continentale. Car l’AAEA a compris que la reconnaissance des performances exceptionnelles constitue un levier essentiel pour accélérer le changement.

Au-delà des gadgets technologiques, le congrès interrogera aussi les modèles de financement. Comment mobiliser les 30 à 40 milliards de dollars annuels nécessaires pour atteindre l’ODD 6 en Afrique ? Quelle place pour les partenariats public-privé ? Comment sécuriser les investissements dans un contexte de risque politique et financier élevé ? Ces questions, loin d’être théoriques, conditionneront la capacité du continent à sortir de l’impasse. Plusieurs ateliers et sessions parallèles leur seront consacrés, réunissant bailleurs de fonds, banques de développement et fonds d’investissement.

Une semaine pour réinventer le récit africain de l’eau

Le congrès ne se limitera pas aux travaux en salle. Dès le 8 février ( demain ), des événements pré-congrès donneront le ton : Forum des Jeunes et Femmes Professionnels de l’Eau et de l’Assainissement, Forum de la Société Civile, et pour la première fois, un Forum Académique dédié à la recherche. Une manière d’élargir le spectre des parties prenantes et de casser les silos entre universitaires, opérationnels et activistes. La cérémonie d’ouverture du 9 février, ponctuée d’allocutions solennelles et d’intermèdes culturels, lancera officiellement une semaine d’échanges intenses.

Mais Yaoundé ne sera pas qu’une machine à produire de la connaissance. L’AAEA a conçu un programme social riche, destiné à créer les conditions du networking dans un cadre convivial. Réception de bienvenue le 9 février, dîner offert par le Président de l’AAEA le 8 février (sur invitation), sortie des jeunes professionnels le 10 février pour découvrir l’ambiance nocturne de la capitale, visites techniques et excursions facultatives pour les accompagnateurs : tout est pensé pour que les délégués repartent avec des contacts, des idées et des souvenirs.

Cette dimension relationnelle n’est pas anecdotique. Dans un secteur où la confiance et les réseaux personnels jouent un rôle déterminant, ces moments informels peuvent déboucher sur des partenariats décisifs. Un directeur d’exploitation burkinabé rencontrant un fournisseur de solutions intelligentes lors d’un cocktail, un ministre discutant stratégie tarifaire avec un homologue autour d’un plat camerounais, un chercheur sénégalais trouvant un co-financement auprès d’une banque de développement lors d’une visite technique : c’est dans ces interstices que se joue souvent l’essentiel.

Participer au 23ème CIE de l’AAEA, c’est donc bien plus qu’assister à des conférences. C’est intégrer un écosystème continental en pleine ébullition, accéder à une intelligence collective unique, influencer les décisions politiques et réglementaires, découvrir des technologies de rupture, nouer des partenariats stratégiques et, au fond, contribuer à réécrire le récit africain de l’eau. Un récit trop longtemps dominé par l’impuissance et la résignation, que Yaoundé veut transformer en épopée de la résilience et de l’innovation. Rendez-vous est pris.

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