Le 25 janvier 1971, le général Idi Amin Dada accède au pouvoir en Ouganda à la suite d’un coup d’État contre le régime du président Milton Obote. Dès 1972, il décide de chasser du pays les près de 80 000 Indiens qui détenaient les deux tiers de l’économie ougandaise, précipitant ainsi son pays dans une crise sans précédent.
Dès son arrivée au pouvoir, Idi Amin s’auto-proclame « Président à vie, maître suprême des mammifères terrestres et maritimes ». Il est l’auteur de la phrase : « Je peux garantir la liberté d’expression, mais je ne peux pas garantir la liberté après l’expression ». Il va régner sans partage. Du haut de ses 1,97 m, il impose la crainte.

Les rapides de la rivière de Bujagali, un bras du Nil blanc tristement célèbre, ont englouti des milliers de corps d’opposants à son régime. « Marcher le long du Nil quand j’étais enfant était vraiment effrayant », raconte le journaliste David Moukholi. « On craignait à tout moment d’apercevoir un cadavre. On apercevait des corps criblés de balles. Bujagali était l’endroit où l’on jetait les corps des personnes tuées par Idi Amin. Il y avait des camions qui venaient jeter les corps dans la rivière », poursuit-il.
Selon un rapport, près de 300 000 personnes ont été tuées pendant ses huit ans au pouvoir. Pour compléter le tableau, disons qu’Idi Amin fait certainement partie de la liste des pires dictateurs de l’histoire du continent africain.
Parmi ses mesures les plus folles, il y a la signature, en août 1972, d’un décret donnant 90 jours aux Asiatiques de nationalité britannique pour quitter le territoire ougandais en emportant le strict minimum. En dépit de la pression internationale, Idi Amin va décider de maintenir sa décision, qui fut dans un premier temps applaudie par son peuple.

Les commerces des étrangers furent pillés. Les membres de son entourage vont s’accaparer les plus grandes firmes laissées par les Indiens à leur départ. « Les gens ont pensé au départ qu’il rendait un grand service aux entrepreneurs locaux parce qu’on pouvait prendre la place des Asiatiques et des étrangers qui étaient partis. Le problème, c’est qu’ils n’étaient pas prêts à prendre le relai », raconte Maggie Kigozi, femme d’affaires ougandaise.
En quelques mois seulement, l’économie ougandaise s’effondra. Certains services de base assurés par les entreprises privées vont disparaître . Les écoles et les hôpitaux vont en prendre un sérieux coup.
Les industries cessèrent rapidement de fonctionner en raison de la mauvaise gestion. Une situation qui va contribuer à accroître le taux de chômage à travers le pays. L’Ouganda connut une grande instabilité avec la recrudescence de l’insécurité.

Ce feuilleton fait partie des pages sombres du passage d’Idi Amin Dada à la tête de l’Ouganda. En 1979, il fut renversé à la suite d’une invasion tanzanienne, après avoir lui-même tenté d’annexer ce pays un an plus tôt. Il va connaître l’exil en Libye dans un premier temps avant de rejoindre l’Arabie saoudite, jusqu’à son décès en 2003.

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