L’ancien président sénégalais a annoncé sa décision ce samedi 17 octobre 2026, depuis Marrakech. Le scrutin de la veille n’a désigné aucun favori au Conseil de sécurité : les sept candidats en lice ont tous reçu au moins un avis défavorable d’un membre permanent.
Dans un texte publié ce samedi 17 octobre 2026 depuis le Maroc, l’ancien président annonce le retrait de sa candidature, au lendemain du vote informel tenu au Conseil de sécurité. Le document, porté par le site de campagne mackysall4un.org, s’ouvre sur une chronologie sobre : le scrutin du 16 octobre, puis des consultations, puis la décision.
Ces consultations ont eu deux interlocuteurs, nommément cités : le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la CEDEAO. C’est après avoir échangé avec eux que Macky Sall dit avoir décidé de retirer sa candidature.
Le motif avancé tient en une phrase : contribuer à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité. Il ajoute que, depuis le début du processus, les résultats des différents votes tests indiquent un choix en faveur d’une candidature issue d’Amérique latine et des Caraïbes, éventuellement féminine.
Sur sa propre démarche, le texte est précis. Il y explique que sa candidature était essentiellement motivée par la volonté de mettre près de quarante ans de vie publique au service des Nations unies. Il y remercie le président Ndayishimiye, qui a parrainé sa candidature, le président Faye, qui l’a soutenue, les États membres du Conseil de sécurité qui ont voté en sa faveur, son équipe de campagne, les autorités religieuses et coutumières et les Sénégalais.
La déclaration se clôt sur un vœu de succès adressé à la personne qui sera appelée à exercer les hautes responsabilités de secrétaire général, et porte la mention « Marrakech, 17 octobre 2026 ».
Le scrutin du 16 octobre, un verrou pour tous
Le vote de vendredi s’est déroulé à huis clos. Les quinze membres du Conseil y ont attribué anonymement à chaque candidat l’une de trois mentions : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». La nouveauté tenait à la couleur : pour la première fois, le vote des cinq membres permanents apparaissait distinctement.
Le résultat a pris la forme d’un blocage. Les sept candidats encore en lice ont tous reçu au moins un avis défavorable de l’un des cinq membres permanents (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), ce qui équivaut en pratique à un veto. Un « décourage » émis par un membre permanent signale un risque de veto sans en constituer un formellement à ce stade de la procédure.
La Costaricaine Rebeca Grynspan, 70 ans, arrive en tête avec neuf « encourage », mais a reçu cinq « décourage », dont deux de membres permanents. Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, la suit avec huit « encourage » et six « décourage », dont deux de membres permanents. Pour Macky Sall, un média sénégalais, Pulse.sn, rapporte cinq avis favorables contre dix défavorables. Ce chiffre ne figure pas, à ce stade, dans les autres sources consultées et appelle une confirmation avant toute reprise. Dès le 30 juillet, un premier vote avait placé Grynspan en tête, avec Macky Sall à la cinquième place. Le scrutin du 16 octobre confirme donc une hiérarchie déjà dessinée plutôt qu’il ne la bouleverse.
Ce que le retrait change pour la suite
Le Conseil de sécurité recommande un candidat ; l’Assemblée générale le nomme. Aucune recommandation n’est sortie du scrutin de vendredi, et le retrait de Macky Sall réduit le nombre de prétendants sans lever l’impasse sur les vetos.
Le blocage rouvre la porte à de nouvelles candidatures, dans un contexte marqué par la multiplication des conflits, de profondes divisions au sein du Conseil et de sérieuses difficultés financières de l’organisation. Les noms de Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza du « Conseil de paix », et de Lana Nusseibeh, ministre d’État émiratie, circulent. Ces noms relèvent, à ce stade, de la rumeur diplomatique.
Plusieurs États plaident pour qu’une femme occupe pour la première fois le poste. La déclaration de Macky Sall reprend cette lecture lorsqu’elle évoque une préférence apparente pour une candidature latino-américaine et caribéenne, éventuellement féminine.
Sur le fond, l’ancien président maintient une ligne. Il se dit toujours engagé au service de la paix, de la sécurité, du développement économique et social, de la coopération internationale et du dialogue entre les nations. Il juge que les Nations unies doivent engager une transformation profonde de leurs méthodes de travail, et que l’Afrique doit continuer à faire entendre sa voix dans la gouvernance mondiale.









