Acceuil Politique Sénégal | Présidentielle 2029 : « Rien ni personne ne peut m’empêcher d’être candidat », Ousmane Sonko
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Sénégal | Présidentielle 2029 : « Rien ni personne ne peut m’empêcher d’être candidat », Ousmane Sonko

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Devant ses partisans réunis pour la Journée des Martyrs, Ousmane Sonko a réaffirmé avec force son intention d’être candidat à la présidentielle de 2029. Le Premier ministre, déjà au cœur d’un débat national sur son éligibilité, relance dans le même temps les activités du Pastef et ouvre une nouvelle phase de mobilisation politique, un an après l’arrivée au pouvoir de son parti.

Dimanche 7 décembre, Ousmane Sonko a profité de la Journée des Martyrs et des Victimes, une commémoration dédiée aux personnes tuées lors des manifestations entre 2021 et 2024, pour clarifier publiquement sa position quant aux échéances électorales à venir. Face à un public acquis à sa cause, le Premier ministre a déclaré d’une voix ferme : « Rien ne peut m’empêcher d’être candidat ! », rappelant que sa participation à n’importe quel scrutin — présidentielle, législatives ou locales — dépend exclusivement de sa volonté personnelle.

Cette prise de parole marque la deuxième fois, depuis l’arrivée au Pastef à la tête du pays, qu’il évoque explicitement sa candidature possible pour la présidentielle de 2029. En juillet, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il avait déjà martelé un message similaire, se disant prêt à se présenter si les conditions s’y prêtaient. En s’exprimant à nouveau sur le sujet, Sonko confirme qu’il entend placer la question de son avenir politique au cœur des discussions nationales, alors que son statut juridique continue d’alimenter les interrogations.

L’ombre persistante de son éligibilité

La déclaration d’Ousmane Sonko intervient dans un contexte où sa capacité à se présenter en 2029 fait l’objet d’un débat nourri. Ces dernières semaines, la question est revenue au premier plan après la confirmation par la Cour suprême d’une condamnation à six mois de prison avec sursis et 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts pour diffamation, prononcée en juillet.

C’est précisément cette décision qui avait conduit à son élimination de la course à la présidentielle de 2024. Bien que sa situation soit aujourd’hui différente en tant que chef de gouvernement, cette condamnation continue de susciter des interrogations juridiques et politiques.

C’est dans ce contexte que l’analyse d’Assane Samb, journaliste sénégalais, prend tout son sens : selon lui, la sortie de Sonko vise avant tout à « rassurer les militants du Pastef », soucieux de voir leur leader affirmer clairement ses intentions. D’où la nécessité pour Sonko de réaffirmer publiquement que, selon ses propres termes, « la décision [lui] revient ».

Au-delà de la présidentielle, Ousmane Sonko a profité de la tribune pour détailler la reprise des activités internes du Pastef. Selon ses déclarations, une vaste phase de mobilisation est en préparation, structurée autour des départements qui auront la charge d’organiser les opérations locales. Le Premier ministre a annoncé que le parti tiendrait son congrès en avril 2026. Les opérations de placement et de renouvellement des cartes de membres débuteront dans les prochaines semaines, marquant un retour progressif aux activités politiques classiques après une période de relative pause institutionnelle.

Sonko a également confirmé le lancement imminent des tournées nationales surnommées « Nemeeku Tours », un dispositif destiné à renouer le contact direct avec les populations dans les différentes régions du pays.

Guinguinéo, point de départ symbolique des mobilisations

Ousmane Sonko a indiqué que la commune de Guinguinéo serait le premier arrêt de cette grande campagne de proximité. Le lieu n’a pas été choisi au hasard : le député Ismaela Diallo, originaire de la localité, avait proposé d’y accueillir la délégation du Pastef.

En acceptant cette suggestion, Sonko transforme Guinguinéo en point de lancement officiel d’un mouvement national de remobilisation, destiné à renforcer l’implantation territoriale du parti. Selon ses proches, cette stratégie vise à élargir la présence du Pastef au-delà des centres urbains tout en consolidant son ancrage dans les localités rurales, éléments déterminants pour les succès électoraux au Sénégal.

L’intervention d’Ousmane Sonko s’inscrit dans une volonté affichée de préparer son parti aux défis politiques des prochaines années. En déclarant que « Pastef doit être prêt à relever tous les défis », il renvoie à une feuille de route faite de reconquête, de remobilisation et de structuration autour des bases départementales.

Le Premier ministre présente ainsi une démarche méthodique : relancer les activités internes ; mobiliser les militants via les tournées ; tenir un congrès déterminant en 2026 et engager progressivement une dynamique de campagne prolongée.

Cette stratégie laisse entrevoir l’intention du Pastef de consolider son leadership dans la majorité actuelle tout en préparant l’après-2024 et les futurs rapports de force institutionnels.

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