Réunie au siège du journal ÉcoMatin à Tsinga, la communauté économique camerounaise a assisté à la remise solennelle du Prix Personnalité ÉcoMatin 2024 à CCA Bank. Une distinction éditoriale qui consacre, pour la première fois, une institution bancaire, saluant une trajectoire marquée par une transformation structurelle rapide, des performances financières inédites et une ambition panafricaine assumée, dans un environnement bancaire hautement concurrentiel.
À Tsinga, une scène économique à ciel ouvert
Surplombant la capitale camerounaise, la terrasse du siège du journal ÉcoMatin à Tsinga s’est imposée, le temps d’une cérémonie, comme l’un des théâtres les plus symboliques du débat économique national. Spacieuse, moderne, aménagée avec sobriété et élégance, elle offre une vue dégagée sur les collines verdoyantes de Yaoundé, révélant la topographie si caractéristique de la ville aux sept collines.
Le lieu, au sol carrelé de teintes claires, protégé par un auvent contemporain et bordé de larges baies vitrées, a été pensé pour accueillir des rencontres de haut niveau. Les appliques murales modernes et un dispositif de sonorisation professionnel rappelaient que la parole, ici, serait centrale. Une parole économique, structurée, assumée.
Le panorama urbain, mêlant bâtiments administratifs et résidentiels aux couleurs ocre et pastel, offrait un contraste saisissant avec la rigueur des échanges. Comme un rappel silencieux que les décisions économiques discutées dans ces cercles ont un impact direct sur la ville, ses habitants et leurs trajectoires quotidiennes.

C’est dans ce décor, à la fois sobre et symbolique, que s’est tenue la cérémonie de remise du Prix Personnalité ÉcoMatin 2024, devenue au fil des années un rendez-vous incontournable de l’agenda économique camerounais. La diversité et le niveau des personnalités présentes témoignaient de la crédibilité acquise par le Prix Personnalité ÉcoMatin depuis sa création. Plusieurs figures majeures de l’écosystème économique et institutionnel camerounais avaient fait le déplacement.
Parmi elles, le Directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), Alain Mekulu Mvondo, lauréat de l’édition précédente, le Directeur général du Fonds national de l’emploi (FNE), Camille Moute à Bidias, la représentante du Directeur général de Boissons du Cameroun, ou encore le représentant de l’hôtel Hilton, futur hôte de la Finance Week prévue en avril 2026, un autre événement porté par ÉcoMatin.
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) était représentée par le Chef de cabinet de son gouverneur, tandis qu’Orange Cameroun avait délégué son Directeur des affaires institutionnelles et réglementaires, Alain Blaise Batongue. Une présence institutionnelle qui conférait à la cérémonie une portée dépassant largement le simple cadre médiatique.
À travers cette assemblée, se dessinait un écosystème économique camerounais où se croisent finance, industrie, télécommunications, politiques publiques et médias spécialisés, réunis autour d’une même reconnaissance : celle de la performance et de l’impact.
Le Prix ÉcoMatin, une distinction éditoriale devenue baromètre de la trajectoire économique camerounaise
Créé en mars 2018, le Prix Personnalité ÉcoMatin s’est progressivement imposé comme l’une des distinctions économiques les plus crédibles et les plus observées du paysage médiatique camerounais. À rebours des récompenses institutionnelles ou des trophées de communication d’entreprise, cette distinction repose sur une démarche éditoriale assumée, rigoureuse et revendiquée, portée par le comité éditorial du journal ÉcoMatin et renforcée par des experts indépendants issus des sphères économique, financière et académique.

Dès l’origine, le prix s’est voulu un outil de lecture de l’économie réelle, un indicateur qualitatif des dynamiques profondes à l’œuvre dans le pays. Il ne s’agit ni de célébrer une popularité, ni de sacraliser une position hiérarchique, mais de mettre en lumière des trajectoires, des décisions et des stratégies qui, sur une période donnée, ont produit des effets tangibles sur l’économie nationale et le vécu quotidien des populations.
Depuis son premier lauréat en 2018, la distinction a traversé les grands segments de l’économie camerounaise : services publics locaux, banque centrale, industrie, finance, assurance sociale, marchés de capitaux. Cette transversalité n’est pas fortuite. Elle traduit le maillage éditorial d’ÉcoMatin et sa capacité à lire l’économie non comme une somme de secteurs cloisonnés, mais comme un système interdépendant où décisions publiques, stratégies privées et régulation financière se répondent.
Le critère central du Prix ÉcoMatin est demeuré inchangé au fil des éditions : l’innovation, entendue non comme une simple nouveauté, mais comme une capacité à transformer durablement un environnement, à structurer un secteur, à créer de la valeur économique et sociale mesurable. L’impact réel prime sur la performance brute. Le jury privilégie ainsi les actes structurants, les choix stratégiques courageux, les réformes parfois silencieuses mais décisives, plutôt que la seule accumulation de résultats chiffrés sur un exercice donné.
Cette philosophie explique la cohérence du palmarès. En sept éditions, le trophée a consacré des figures et des institutions qui ont, chacune à leur manière, incarné une séquence économique précise du pays.

En 2018, Dr Fritz Ntone Ntone, alors délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, est distingué pour son action à la tête de la métropole économique et pour la promotion de la Société de mobilité interurbaine de Douala (SMID), symbole d’une modernisation de la gouvernance urbaine.
En 2019, le prix revient à Abbas Mahamat Tolli, ancien gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), pour l’application rigoureuse de la réglementation des changes en zone CEMAC et la sécurisation stratégique du stock de devises, dans un contexte de fortes tensions macroéconomiques.
L’édition 2020 consacre Emmanuel de Tailly, alors Directeur général du groupe SABC, pour la gestion proactive et socialement responsable de la crise du Covid-19 au sein du principal groupe brassicole du pays, à un moment critique pour l’emploi et les chaînes de production.
En 2021, Serges Yannick Nana, Directeur général de Financia Capital, est récompensé pour son plan de mobilisation de financements ayant permis de limiter l’impact des délestages énergétiques sur l’organisation de la CAN 2021, démontrant le rôle stratégique de l’ingénierie financière dans la réussite d’un événement continental.
En 2022, le trophée revient à Jean Paulin Fonkoua, président du conseil d’administration d’Afriland First Bank, saluant un leadership bancaire axé sur l’ancrage local, la solidité financière et l’accompagnement de l’économie nationale.
Enfin, l’édition 2024 distingue Alain Mekulu Mvondo, Directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), pour son action structurante à la tête de l’organisme, son soutien constant à l’entrepreneuriat et sa vision de long terme en matière de protection sociale et de financement de l’économie.
CCA Bank, le choix qui s’imposait
Pour l’édition 2024 du Prix Personnalité ÉcoMatin, le jury a opéré un choix qui, à première vue, peut paraître singulier, mais qui s’inscrit en réalité dans une continuité éditoriale rigoureuse. Aucune figure individuelle ne s’étant démarquée de manière plus significative que la trajectoire collective portée par CCA Bank, la distinction a été attribuée à l’institution elle-même. Un choix réfléchi, argumenté, et pleinement assumé par le comité éditorial.
Comme l’a rappelé le Directeur de publication d’ÉcoMatin, Émile Fidieck, au moment d’expliquer la décision du jury, « le Prix ÉcoMatin n’est pas seulement une récompense, c’est un réseau, une communauté, un outil pour rester proches des acteurs et offrir à nos lecteurs une information à forte valeur ajoutée ». Cette proximité avec l’économie réelle impose parfois de dépasser la figure du dirigeant pour s’attarder sur ce qui, structurellement, transforme un secteur. En 2024, cette transformation portait un nom : CCA Bank.
Au terme « d’analyses approfondies et de discussions nourries », le jury a constaté, à l’unanimité, qu’« aucune autre personnalité ne s’était autant démarquée que le management du géant bancaire en devenir qu’est la CCA Bank ». Ce glissement du regard, de l’individu vers l’institution, n’est ni une entorse ni une exception. Il s’inscrit dans l’esprit originel du prix, qui honore chaque année une personnalité morale ou physique exerçant au Cameroun et dont les actions ont marqué positivement l’environnement économique et la vie des populations.
En consacrant une banque plutôt qu’un dirigeant, ÉcoMatin pose aussi un acte éditorial fort : rappeler que les transformations économiques durables sont souvent le fruit de stratégies collectives, de réformes internes, de choix de gouvernance et de visions de long terme qui dépassent une seule figure, aussi centrale soit-elle à un moment donné.

Cette lecture trouve toute sa justification dans la trajectoire singulière de CCA Bank. Passée du statut d’établissement de microfinance à celui de banque commerciale en 2018, après vingt-et-une années d’existence, l’institution a connu en seulement sept ans une progression que peu d’acteurs du secteur bancaire camerounais peuvent revendiquer. Une croissance rapide, certes, mais surtout maîtrisée, structurée et adossée à un programme de réformes ambitieuses, que le jury a explicitement retenu parmi ses critères de choix.
« Les critères ayant présidé à ce choix reposent sur les progrès managériaux, les performances opérationnelles et le programme de réformes structurantes mené par la banque depuis plusieurs années », a souligné Émile Fidieck. Des réformes qui ont renforcé les fondamentaux de l’institution, amélioré ses indicateurs de performance et consolidé sa santé financière dans un environnement bancaire hautement concurrentiel, dominé par des filiales de groupes occidentaux et ouest-africains.
Les chiffres, à eux seuls, racontent cette mutation accélérée. En 2018, au moment de l’obtention de son agrément bancaire, CCA affichait un total de bilan de 221,5 milliards de FCFA. En 2024, ce total atteint 837 milliards de FCFA. Les dépôts sont passés de 201 milliards à plus de 660 milliards de FCFA, tandis que les crédits à l’économie ont progressé de 82,5 milliards à 362 milliards de FCFA. Le résultat net, indicateur clé de rentabilité et de solidité, est passé de 1,9 milliard à 20,2 milliards de FCFA sur la même période, avec une trajectoire que la direction estime appelée à se consolider durablement au-delà du seuil des 20 milliards de FCFA.
Mais pour le jury, ces performances financières ne sauraient être lues isolément. Elles s’accompagnent d’une transformation structurelle du modèle bancaire. Le renforcement du maillage territorial, générateur d’emplois et de proximité client, figure parmi les avancées majeures saluées. Le réseau est passé de 42 agences et 50 guichets automatiques en 2019 à 57 agences et 69 GAB aujourd’hui, desservant plus de 700 000 comptes actifs. Dans le même temps, les effectifs sont passés de 550 à près de 800 collaborateurs, traduisant une croissance organique et un ancrage accru dans l’économie nationale.

À cette expansion domestique s’ajoutent des choix stratégiques à forte portée symbolique et économique : la construction et l’inauguration, en octobre 2024, d’un nouveau siège de 15 étages à Douala, présenté comme l’un des plus importants sièges bancaires d’Afrique centrale ; l’expansion internationale à travers le mécanisme de l’agrément unique en zone CEMAC avec une implantation au Tchad ; et l’obtention d’agréments en zone UEMOA pour la création de filiales, affirmant une ambition panafricaine assumée.
Le jury a également mis en exergue la capacité d’innovation de CCA Bank : facilitation des échanges commerciaux sur le corridor Cameroun–Chine à travers le China Desk, diversification avec l’ouverture d’une fenêtre de finance islamique, structuration des marchés de capitaux via la création d’une société de bourse, et lancement du fonds commun de placement CCA Performance. Autant d’initiatives qui dépassent la logique bancaire classique pour inscrire l’institution dans une dynamique de structuration financière plus large.
« Vous conviendrez avec le jury qu’une telle performance, réalisée en si peu de temps, mérite amplement des félicitations », a insisté Émile Fidieck, rappelant au passage que, dans le classement ÉcoMatin à paraître, CCA Bank se positionne comme la première banque à capitaux majoritairement camerounais, devant des filiales de groupes étrangers.
En consacrant CCA Bank en 2024, ÉcoMatin ne s’est donc pas contenté de saluer une performance chiffrée. Le journal a posé un diagnostic économique : celui d’une institution devenue un acteur structurant, capable d’innover, de croître, de s’internationaliser et de financer l’économie réelle tout en consolidant sa souveraineté capitalistique. Un choix qui illustre, une fois encore, la vocation du Prix ÉcoMatin : lire l’économie au-delà des visages, pour en saisir les dynamiques profondes.
« Seul, on va vite. Ensemble, on va loin »
Le moment avait quelque chose de solennel. Dans un geste lent, presque cérémonial, Alain Mekulu Mvondo, lauréat 2023, a remis le trophée de la Personnalité ÉcoMatin à CCA Bank, désormais portée par la voix et la vision de sa Directrice générale, Alvine Nfondop épse Tiwoda. Plus qu’une récompense, la scène a pris la forme d’un passage de témoin, d’un flambeau transmis entre deux trajectoires distinctes mais reliées par une même exigence : inscrire l’action économique dans la durée, avec responsabilité et souveraineté.
Recevant la distinction, la DG de CCA Bank n’a pas parlé de victoire individuelle. Elle a parlé de collectif, de continuité et d’engagement. Le trophée, a-t-elle souligné, « n’est pas un simple objet », mais un symbole qui oblige. Un flambeau à tenir, à incarner et, le moment venu, à transmettre à son tour. Elle y voit une responsabilité claire : continuer d’innover, créer de la valeur et contribuer concrètement au développement économique et social du Cameroun, dans un contexte où la digitalisation et l’inclusion financière s’imposent comme des priorités structurantes.

Dans son allocution, Alvine Nfondop épse Tiwoda a insisté sur le travail des équipes, sur la confiance des clients et sur cette dynamique assumée de prise de risques maîtrisés. « Nous avons osé innover. Nous avons pris des risques. Et surtout, nous avons réussi à créer de la valeur », a-t-elle rappelé, évoquant une banque qui renforce sa présence nationale, adapte ses produits aux réalités locales et soutient l’économie réelle. Le prix devient alors moins un aboutissement qu’un engagement renouvelé : tenir les promesses faites aujourd’hui, pour mériter de transmettre demain.
C’est dans cette logique de continuité que l’intervention d’Alain Mekulu Mvondo a pris tout son relief. L’ancien lauréat a replacé la trajectoire de CCA Bank dans une lecture plus large, rappelant que la reconnaissance ne récompense pas seulement les performances brutes, mais surtout les actes structurants, ceux qui produisent une croissance saine et durable. À ses yeux, CCA Bank incarne précisément cette dynamique.
Mais le propos est allé plus loin. En évoquant la souveraineté, Alain Mekulu Mvondo a élargi le cadre : souveraineté nationale, certes, mais aussi financière, éditoriale, philosophique, voire spirituelle. Une souveraineté qui impose lucidité et vigilance face aux influences extérieures, même bienveillantes, et qui oblige à concilier ambition africaine, autonomie réelle et responsabilité collective. « La coopération est nécessaire, mais l’alignement naïf ne l’est pas », a-t-il averti, appelant les institutions, les entreprises et les médias à inscrire cette exigence au cœur de leurs décisions.
Entre ces deux discours, un fil conducteur s’est imposé : l’idée que l’on ne construit rien de durable seul. La DG de CCA Bank l’a résumé en empruntant un proverbe africain devenu profession de foi : « Si tu veux aller vite, vas-y seul. Si tu veux aller loin, allons-y ensemble ». Une phrase qui, au-delà de l’instant, a donné sa tonalité à la cérémonie : celle d’un chemin collectif, où le flambeau circule, mais où la direction reste clairement assumée.

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