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Électricité au Cameroun : et si le problème n’était pas la production ? Afrik-Inform✅

Depuis quinze ans, le Cameroun construit des barrages, inaugure des centrales, multiplie les mégawatts. Pourtant, les délestages persistent. Les arriérés s’accumulent. Le secteur reste fragile. Dans un billet publié le 19 février 2026, Dr Teubissi Noutsa Joël, Economiste, renverse le diagnostic dominant : le Cameroun ne souffre pas d’un déficit de production, mais d’un défaut d’architecture systémique.

Les chiffres sont implacables. Avec près de 1 950 à 2 000 MW installés pour une demande estimée à 10,6 TWh en 2024, la capacité nationale est globalement cohérente avec la consommation. Le pays n’est pas sous-équipé en centrales. Il est sous-optimisé en système. Le billet met en lumière une fragmentation électrique méconnue : deux réseaux interconnectés, eux-mêmes divisés en blocs, incapables d’acheminer efficacement l’énergie là où elle est nécessaire. Résultat paradoxal : le Nord brûle du fuel lourd pendant que des excédents hydrauliques subsistent au Sud-Est du pays.

Plus grave encore, entre 30 et 36% de l’électricité produite est perdue, selon les estimations citées. Sur 10,6 TWh annuels, cela représente jusqu’à 4 TWh évaporés — l’équivalent de centaines de milliards de FCFA de chiffre d’affaires potentiel. Une « centrale invisible », selon l’auteur. La démonstration va plus loin. Le modèle actuel, qualifié d’« utility souveraine », repose sur des tarifs gelés depuis 2012, une dette largement libellée en devises et des compensations publiques tardives. Dans un pays dont le compte courant est structurellement déficitaire, cette architecture transforme chaque kilowattheure en créance incertaine.

La proposition est audacieuse : investir entre 1,6 et 2,5 milliards USD non pas dans de nouvelles centrales, mais dans l’interconnexion des réseaux, la réduction drastique des pertes, la modernisation du comptage et l’ouverture vers des débouchés exportateurs, notamment régionaux. À la clé, un rendement macroéconomique potentiel estimé entre 350 et 400 milliards FCFA par an. Une réforme capable, selon l’auteur, de restaurer la solvabilité du secteur et d’améliorer la balance des paiements, sans construire un seul barrage supplémentaire.

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Provocatrice, chiffrée, structurée, la note avance une thèse claire : la prochaine centrale électrique du Cameroun n’est pas un barrage. C’est l’optimisation du système. Un diagnostic qui mérite d’être lu dans son intégralité.

 

 

 

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