Après des années de guerre civile et d’accords de paix fragiles, le Soudan du Sud franchit une nouvelle étape dans l’institutionnalisation de la paix. En adoptant une résolution entérinant la Déclaration de paix et de cessation des hostilités (DPCW), le Parlement inscrit ce texte au cœur de son arsenal législatif, avec l’ambition d’ancrer durablement la réconciliation dans les institutions de l’État.
De l’engagement politique à l’adoption parlementaire
Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud a travaillé à la reconstruction de ses institutions après des années de conflit. Dans le cadre de cet effort, l’Assemblée législative nationale de transition (TNLA) a adopté la Résolution n° 29/2025 entérinant la Déclaration de Paix et de Cessation des Hostilités (DPCW), renforçant ainsi le cadre juridique et institutionnel du pays en matière de paix.
La DPCW, proclamée par HWPL en 2016, est un cadre composé de 10 articles et 38 clauses qui présente des principes pour prévenir les conflits, promouvoir le règlement pacifique des différends, renforcer la coopération internationale et favoriser une culture de la paix.
Elle a depuis servi de base au dialogue avec les gouvernements, les experts juridiques et les organisations de la société civile sur les approches institutionnelles de la paix.
La résolution fait suite à des années d’engagements, commençant par des discussions avec le pouvoir judiciaire, suivies de l’adhésion du Président Salva Kiir Mayardit à la DPCW en 2024, et aboutissant à son adoption par le Parlement en 2025. Ce processus a démontré un soutien à la DPCW au sein de la présidence, du judiciaire et du législatif du Soudan du Sud.
Un processus législatif délibératif
La résolution a été examinée lors de la 15e session ordinaire de la TNLA le 15 septembre 2025, où les parlementaires ont étudié à la fois son fondement juridique et ses implications pratiques. Certains députés se sont interrogés sur le fait que le Parlement adopte un document élaboré par une organisation de la société civile sud-coréenne plutôt que par un organe intergouvernemental tel que les Nations Unies (ONU) ou l’Union Africaine (UA), et ont demandé des clarifications sur sa valeur juridique.
En réponse, l’Hon. Bona Deng Lawrence, Président de la Commission permanente sur la Paix et la Réconciliation, a expliqué que les ministères des Affaires étrangères et de la Justice avaient effectué des examens juridiques de la DPCW et n’avaient trouvé aucun obstacle légal à l’introduction de la résolution.
À la suite de cet examen, les parlementaires ont convenu qu’une paix durable nécessite des fondements juridiques et institutionnels en plus des accords politiques. Le Parlement a finalement débattu de la proposition selon ses propres procédures législatives et a adopté la résolution par consensus, reflétant l’engagement du Soudan du Sud à faire progresser la paix à travers ses institutions constitutionnelles.
Pour l’Hon. Jemma Nunu Kumba, première femme Présidente du Parlement, la paix a toujours été étroitement liée à la survie. Ayant vécu le déplacement pendant la guerre civile et ayant ensuite vu échouer de multiples accords de paix, elle en est venue à considérer la DPCW comme un cadre pratique pour soutenir une paix durable.
« Les ressources gouvernementales à elles seules ne suffisent pas à mettre en œuvre les accords de paix. La DPCW est désormais un outil important pour nous. Elle complète les efforts du gouvernement et fournit un cadre pratique pour la réinstallation des nombreuses personnes déplacées qui doivent rentrer chez elles » , a dit l’Hon. Jemma Nunu Kumba, Ancienne Présidente du Parlement
Pour l’Hon. Bona Deng Lawrence, la construction de la paix est également profondément personnelle. Son père, unique survivant de l’équipe de négociation de l’Accord d’Addis-Abeba de 1972, a consacré sa vie à la paix après les négociations. Inspiré par cet héritage et par des décennies de conflit, Lawrence a plaidé pour une construction de la paix dirigée au niveau national, fondée sur des institutions juridiques et des valeurs partagées.
« Notre pays n’a jamais goûté la douceur de la paix. Nous avons connu suffisamment de guerres, et elles ont détruit des générations de notre peuple. Il est maintenant temps d’essayer la paix. Les 10 Articles et 38 Clauses de la DPCW sont fondamentalement centrés sur les droits de l’homme et les valeurs universelles dont notre nation a besoin » , a t’il conclut.

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