« ???????????? ????????????î???????????? ???????? ????élé???????????????????????? ???????? ???????????????? ???????????? ???????? ????????????????é????????????????????????, ???????????????? ???????????????????????? ???????????? ???????????????????????????????????????????? ». Cette phrase, prononcée par Yolande Bodiong à l’ouverture de la troisième édition des Cameroon Television Awards (CTA Awards), résume l’esprit d’un événement devenu, en quelques années, un carrefour symbolique de l’audiovisuel camerounais et africain. Dans le décor lumineux du Palais des Sports de Yaoundé, entre trophées, personnalités et figures emblématiques de la télévision africaine, la promotrice des CTA Awards a, une fois de plus, imposé sa marque. Derrière cette cérémonie, se dessine le parcours dense d’une femme passée du ciel des compagnies aériennes aux plateaux de télévision, et aujourd’hui engagée dans la structuration d’un secteur qu’elle veut fédérer plutôt que fragmenter.
Les CTA Awards, vitrine télévisuelle
La troisième édition des Cameroon Television Awards s’est tenue dans une atmosphère de faste assumé. Le Palais des Sports de Yaoundé, transformé pour l’occasion, a accueilli samedi dernier des figures majeures de la télévision camerounaise et ouest-africaine, sous le regard attentif des professionnels du secteur et des autorités publiques. La présence du ministre de la Communication comme à toutes les autres édition a donné à l’événement une portée institutionnelle, confirmant l’inscription progressive des CTA Awards dans l’agenda médiatique national.
La cérémonie a été rythmée par des distinctions attribuées à des professionnels venus d’horizons variés. Parmi les lauréats, Cheikh Yvhane, directeur des programmes de la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI), a été récompensé en tant que meilleur présentateur d’Afrique centrale, tandis que Willy Dumbo s’est vu décerner le prix du meilleur animateur TV en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest. Des distinctions qui ont contribué à élargir la portée régionale de l’événement, au-delà des frontières camerounaises.
Au-delà des trophées, les CTA Awards se sont voulus un espace de reconnaissance mutuelle entre chaînes, animateurs, producteurs et techniciens. Yolande Bodiong l’a rappelé dans son discours d’ouverture, insistant sur l’idée d’un audiovisuel pensé comme « un écosystème de partenaires plutôt que comme un champ de rivalités ». Une ligne directrice qui traverse l’ensemble de ses initiatives professionnelles.
Créés pour valoriser les métiers de la télévision, les CTA Awards s’inscrivent dans une logique de professionnalisation et de visibilité. Ils offrent une scène où les acteurs du secteur se rencontrent, se reconnaissent et se projettent. En cela, l’événement dépasse la simple remise de prix pour devenir un outil de mise en réseau et de légitimation.
Pour Yolande Bodiong, les CTA Awards ne constituent pas une finalité mais un levier. Un levier pour attirer l’attention sur les talents locaux, créer des passerelles régionales et inscrire le Cameroun dans une dynamique audiovisuelle continentale. C’est précisément à partir de cette plateforme que se déploie son portrait.
Bertoua, Yaoundé, le sport comme socle de formation
Yolande Dorothée Okodombé Bodiong naît le 27 août 1972 à Bertoua, dans la région de l’Est du Cameroun. Septième enfant d’une fratrie de onze, elke grandit dans une famille polygamique, avec deux mères ( DEBERTOUA et DABONGBANG ) . Son père, catholique, et ses deux épouses structurent un environnement familial dense, marqué par la pluralité des repères culturels et sociaux. Cette configuration familiale constitue l’un des premiers cadres de socialisation de celle qui évoluera plus tard dans des univers professionnels fortement structurés.
À l’âge de 13 ans, elle obtient son certificat d’études primaires et élémentaires. La même année, elle est frappée par la disparition brutale de son père, victime d’un accident de la route. Un événement fondateur qui marque durablement son parcours. Soutenue par sa mère, elle poursuit néanmoins sa scolarité et intègre le collège d’enseignement secondaire de la Cité Verte à Yaoundé, où elle décroche son BEPC.
Pour renforcer son moral et sa discipline personnelle, sa famille l’encourage à pratiquer un sport collectif. Elle s’oriente vers le handball et intègre le centre de formation de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Elle évolue successivement au SNH Club, puis au Tonnerre Kalara Club de Yaoundé, bénéficiant du sponsoring de Roger Milla. Le sport devient alors un espace de rigueur, de compétition et d’apprentissage du collectif.
Parallèlement à sa carrière sportive, Yolande Bodiong poursuit ses études secondaires au Lycée Général-Leclerc puis au lycée de Nkol-Ndongo, où elle obtient en 1994 un baccalauréat A4, option espagnol. Cette double trajectoire, académique et sportive, structure une personnalité disciplinée et endurante.
Grâce à un accord de financement avec Camship Douala, elle intègre l’Institut des technologies et de l’information de Douala et obtient en 1996 un Brevet de Technicien Supérieur en marketing et communication. Un diplôme qui marque déjà une orientation vers les métiers de la communication, bien avant son immersion dans l’audiovisuel.
Douze années dans le ciel : l’expérience Camair
En 1996, après l’obtention de son Brevet de Technicien Supérieur, Yolande Bodiong se présente au concours national d’hôtesse de l’air lancé par la Cameroon Airlines. Recrutée, elle entame une carrière aérienne qui s’étendra de 1996 à 2008, jusqu’à la fermeture de Camair. Cette expérience de douze années la plonge dans un univers professionnel exigeant, rythmé par la rigueur, la discipline et l’exposition internationale.
Cette période est marquée par une exposition internationale et une discipline professionnelle exigeante. Le métier d’hôtesse de l’air lui impose rigueur, sens du service et gestion des situations complexes, des compétences qu’elle réinvestira plus tard dans l’audiovisuel et l’événementiel.
C’est également durant cette période qu’elle effectue de nombreux séjours en Europe, notamment à Paris. Ces déplacements fréquents élargissent son horizon culturel et professionnel, tout en nourrissant une curiosité croissante pour les médias.
En 2000, une rencontre fortuite à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle va infléchir sa trajectoire. Yolande Bodiong échange avec Jean-Luc Delarue, figure majeure de la télévision française, qui lui transmet le contact de sa société de production, Réservoir Prod. Un geste qu’elle décrira plus tard comme le point de départ de son engagement dans l’audiovisuel.
À partir de ce moment, ses séjours parisiens prennent une nouvelle dimension. Elle fréquente les plateaux de télévision à Saint-Denis, observe les mécanismes de production et s’imprègne des codes du métier. Le projet audiovisuel commence alors à se structurer, en marge de sa carrière aérienne. Après la fermeture de Cameroon Airlines, elle décide de se former de manière formelle aux métiers de l’audiovisuel et des médias numériques, consolidant ainsi une reconversion déjà amorcée.
Parallèlement à son activité professionnelle, Yolande Bodiong retourne sur les bancs de l’université. Entre 2006 et 2009, tout en exerçant comme hôtesse de l’air, elle suit une formation à l’ESSEC de Douala, où elle obtient un MBA en organisation et management. Ce retour académique vient renforcer son profil de communicante et d’entrepreneure, en lui apportant des outils de gestion, de leadership et de structuration des organisations.
OPTIONS, MARABOO : structurer une vision audiovisuelle
En 2009, Yolande Bodiong crée OPTIONS, une entreprise spécialisée dans la communication audiovisuelle. Cette structure est à l’origine de son premier projet télévisuel, le talk-show Engrenage, diffusé sur Canal 2 International. L’émission, consacrée à des parcours de vie singuliers, rencontre un écho favorable auprès des téléspectateurs et de la chaîne partenaire.
Malgré ce succès, les contraintes logistiques et structurelles conduisent à la suspension du programme en 2011. La même année, elle dissout OPTIONS et est recrutée en 2011 à Camair-Co comme responsable du programme de fidélité. Après deux semaines à ce poste, elle est nommée Directrice de la communication et des relations publiques, une fonction qu’elle occupe brièvement avant de quitter définitivement la compagnie pour se consacrer à l’audiovisuel.
Cette rupture marque un tournant. Elle fonde alors MARABOO, société de production audiovisuelle, de conseil en communication et de relations publiques, agréée par l’État camerounais. Installée à Bonapriso, à Douala, MARABOO s’appuie sur une équipe de jeunes professionnels camerounais et se positionne comme un acteur structurant du paysage audiovisuel.
Sous la bannière MARABOO, plusieurs productions voient le jour : K’tapult, Sacrés Parents, 8 pour un défi, On Rezap ou encore 90 minutes pour gagner. K’tapult, après trois années sur Canal 2 International, est transférée sur la CRTV en janvier 2017, marquant une reconnaissance institutionnelle.
La vision affichée par MARABOO est claire : devenir une référence africaine alliant technologie, créativité et qualité, adaptée aux attentes des publics. Une ambition qui s’inscrit dans la durée et qui s’exprime à travers des formats variés et des partenariats élargis
Sun+TV, SINAC et Bankable Woman : élargir le champ
En 2019, Yolande Bodiong franchit une nouvelle étape dans sa carrière en lançant Sun+TV, une chaîne de télévision entièrement dédiée au divertissement, diffusée 24h/24. Accessible depuis le 3 août 2020 sur satellite via le bouquet Free Africa, la chaîne est le fruit d’un long parcours administratif de six années, finalement conclu grâce à l’intervention du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. Comme elle l’a rappelé lors des CTA Awards, ce processus patient mais déterminé illustre sa capacité à naviguer dans les méandres bureaucratiques et à transformer ses ambitions en projets concrets. Sun+TV s’inscrit dans une logique de production originale, combinant programmes locaux et formats adaptés aux attentes des publics africains, et s’affirme comme un nouvel acteur incontournable du paysage audiovisuel camerounais.
Dans le même temps, Yolande Bodiong initie le Salon International de l’Audiovisuel du Cameroun (SINAC). Conçu comme une plateforme multidimensionnelle, le SINAC réunit pendant plusieurs jours professionnels, entreprises publiques et privées, producteurs et diffuseurs, autour d’expositions, de conférences, de masterclass et de rencontres d’affaires. Les deux premières éditions ont permis de poser les bases de ce marché africain du contenu audiovisuel, tandis que la troisième édition, tenue en 2025, a consolidé son rayonnement. L’événement a accueilli près de 40 000 visiteurs, avec des participants venus de 14 pays, une progression remarquable par rapport aux débuts en 2023, où seuls quatre pays étaient représentés. La présence de délégations venues du Mali, du Niger, du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire illustre l’attractivité régionale du SINAC et sa reconnaissance comme modèle par d’autres salons africains.
Le SINAC ne se limite pas à une vitrine d’exposition. Il fonctionne également comme un véritable marché africain de contenus audiovisuels. Les participants ont la possibilité de vendre leurs productions, nouer des partenariats et échanger avec des professionnels internationaux. Yolande Bodiong insiste sur l’importance de cette interaction, affirmant que le salon doit permettre aux créateurs camerounais et africains de s’inspirer des standards internationaux tout en adaptant leurs contenus à leur contexte local. Cette approche a permis la rencontre entre la CRTV et de jeunes producteurs innovants, comme le projet interactif de la radio Volume 3, qui proposait une expérience unique avec des panneaux scannables, ou encore la collaboration avec des diffuseurs africains et européens.
Parallèlement, Yolande Bodiong développe le concept Bankable Woman, une initiative consacrée à l’autonomisation économique féminine. L’événement, soutenu par des partenaires institutionnels et bancaires, a pour objectif de détecter, accompagner et financer des femmes entrepreneures dans différents secteurs, avec un accent particulier sur la structuration, le développement et la visibilité de leurs projets. La prochaine édition, prévue le 28 février 2026, s’annonce comme un espace privilégié d’échanges, de mentorat et de networking, permettant à chaque participante de bénéficier d’un accompagnement concret et personnalisé. Cette initiative complète l’action de Yolande Bodiong dans l’audiovisuel en affirmant son engagement pour le développement économique et social des femmes camerounaises.
Entre ses activités télévisuelles, événementielles et entrepreneuriales, Yolande Bodiong construit ainsi une trajectoire caractérisée par la multiplication des plateformes, toutes orientées vers la structuration, la professionnalisation et la visibilité du secteur audiovisuel au Cameroun et en Afrique centrale. Chaque projet, qu’il s’agisse de Sun+TV, du SINAC ou de Bankable Woman, participe à créer un écosystème où les contenus sont valorisés, les talents exposés, et les opportunités économiques réelles pour les producteurs et créateurs.
Ce panorama d’initiatives ne serait cependant incomplet sans mentionner son équilibre personnel. Yolande Bodiong est mariée à Serges Essome BIKIT, également appelé B52, et le couple est parent de quatre enfants : EMILE, AARON, ARTHUR ET ALLAN. Cette dimension familiale, souvent discrète dans le récit médiatique, souligne la capacité de Yolande Bodiong à concilier vie personnelle et engagement professionnel, tout en restant une figure centrale de l’audiovisuel camerounais.

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