Un nouvel emprunt de 108 milliards de FCFA pour la fibre optique vient d’être autorisé au Cameroun. Sur le papier, l’objectif semble évident : accélérer la transformation numérique du pays. Mais derrière cette décision, une question stratégique surgit. Dans une analyse qui circule déjà dans certains cercles économiques, l’économiste Dr Joël Teubissi Noutsa met en lumière ce qu’il appelle le paradoxe numérique camerounais. Depuis plus d’une décennie, l’État et ses partenaires ont déjà engagé plusieurs centaines de milliards de FCFA dans les infrastructures de fibre optique. Pourtant, les performances Internet du pays restent parmi les plus faibles au monde.
Alors, pourquoi continuer à investir massivement ? Pour l’économiste, le débat est peut-être mal posé. La vraie question ne serait pas technologique, mais macroéconomique. Dans une économie structurellement contrainte par les devises, chaque projet financé par un emprunt extérieur devrait répondre à une interrogation simple : va-t-il générer plus de devises qu’il n’en consomme ?
C’est là que l’analyse devient particulièrement dérangeante. Car si l’infrastructure numérique ne sert pas à développer des exportations de services numériques, le risque existe de voir se multiplier des investissements coûteux en devises… sans véritable retour stratégique pour l’économie. Le reste de la démonstration est encore plus troublant. Et il pourrait bien relancer un débat beaucoup plus large sur la manière dont le Cameroun conçoit ses grands projets d’infrastructures.
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