Le 6 novembre 1982, Paul Biya prenait les rênes du Cameroun. Quarante-quatre ans plus tard, le président, âgé de 93 ans, est toujours en fonction, réélu en octobre 2025 pour un huitième mandat. Mais cet anniversaire intervient dans un contexte bien différent de celui des premières années du Renouveau. Le pays ne s’interroge plus seulement sur la durée de son règne, mais aussi sur les conditions de son éventuelle succession. La fonction de vice-président, réintroduite dans la Constitution en avril dernier, reste notamment inoccupée.
C’est peut-être là l’une des grandes questions politiques de ces 44 années : Paul Biya a traversé les générations, les bouleversements géopolitiques et plusieurs crises nationales, sans jamais désigner publiquement celui qui pourrait lui succéder. Sa longue absence à l’étranger, de juin à août 2026, a ravivé les interrogations sur la continuité de l’État et les mécanismes de prise de décision au sommet. Pendant que le pouvoir célèbre la longévité du président, l’organisation de l’après-Biya demeure incertaine.
Pour une large partie de la population, née bien après 1982, Paul Biya n’est pas un président qui a succédé à un autre : il est le seul chef de l’État qu’elle ait connu. Cette réalité donne à ce 44e anniversaire une portée particulière. Au-delà du parcours d’un homme et de la durée exceptionnelle de son règne, une question s’impose au débat national : comment préparer l’avenir d’un pays dont le pouvoir est resté si longtemps concentré autour d’une seule figure ? Quoi qu’il en soit, joyeux anniversaire, Monsieur le Président.
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