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Cameroun| Douala : Au Refuge des Princes, la crevette camerounaise jouera sa place sur l’échiquier mondial

Premier produit halieutique d’exportation du Cameroun, la crevette souffre d’un paradoxe criant : une richesse naturelle exceptionnelle, des eaux parmi les plus poissonneuses du golfe de Guinée, et pourtant des débouchés cantonnés aux marchés locaux depuis dix-huit ans de suspension des exportations vers l’Europe. Les 21 et 22 avril 2026, le CONAPIG, la FAO et l’OAPI tentent de renverser ce rapport de force au Refuge des Princes de Douala, en initiant les acteurs de la filière à l’Indication Géographique — le label qui transforme un produit local en référence mondiale.

Depuis l’estuaire du Wouri jusqu’aux marchés européens, la crevette du Cameroun porte en elle une histoire vieille de plus de cinq siècles. Ce pays que les explorateurs portugais baptisèrent « Rio dos Camarões » – le fleuve des crevettes – en 1472 s’apprête à conférer à ce crustacé emblématique une protection juridique à la hauteur de son héritage. Au Refuge des Princes à Douala, les acteurs de la filière discuterons pendant deux jours durant sur un outil de valorisation peu connu mais redoutablement efficace : l’Indication Géographique.

Le Refuge des Princes, un cadre à la mesure des ambitions

Il y a des lieux dont l’architecture même dit l’ambition. L’Hôtel Le Refuge des Princes, niché dans l’arrondissement de Douala 3e, à Yassa Scierie de Yatchika, est de ceux-là. Construit sur quatre étages, cet établissement moderne au cachet indéniable a été conçu pour accueillir aussi bien les voyageurs d’affaires que les familles en quête de sérénité, dans un environnement où chaque détail a été pensé pour servir l’excellence. Dès l’entrée, deux lions de pierre montent la garde, symboles choisis de royauté et de protection. Ce n’est pas un hasard : le Refuge des Princes place la sécurité et la dignité du client au cœur de son projet. À l’intérieur, une galerie de grandes figures africaines – Nelson Mandela, Thomas Sankara – donne le ton d’un établissement qui revendique une identité assumée, enracinée dans l’Afrique qui se relève et avance.

Ses 21 chambres et 3 suites climatisées, déclinées du standard au VIP, répondent aux attentes les plus exigeantes avec des matelas orthopédiques, un Wi-Fi haut débit gratuit, un restaurant-bar lounge et la disponibilité d’un petit-déjeuner. La réception ouverte 24 heures sur 24, le groupe électrogène, le parking surveillé, le service voiturier, la navette aéroport gratuite et l’agence de voyage intégrée composent une offre de services que peu d’établissements de la ville peuvent égaler à ce niveau de cohérence.

C’est dans son espace événementiel de 70 places que se tiendra l’atelier CONAPIG-FISH4ACP. Une capacité suffisante pour accueillir la diversité des acteurs de la filière crevette, mais aussi pour installer un cadre propice à la réflexion stratégique, loin du bruit et des interruptions d’une salle de conférence ordinaire. Ici, au bord de l’axe Douala-Yaoundé, à cinq minutes du carrefour Tradex Yassa, Le Refuge des Princes confirme sa vocation : être le sanctuaire des grandes décisions économiques qui se prennent dans la capitale économique camerounaise.

Refuge des princes,Filière crevette

C’est précisément cette vocation institutionnelle que le CONAPIG, l’OAPI et la FAO ont choisi d’honorer en confiant à cet hôtel l’organisation d’un atelier à portée nationale. Un choix qui n’est pas anodin. Quand des organisations onusiennes et des ministères camerounais cherchent un lieu de rencontre à Douala, Le Refuge des Princes s’impose désormais comme une adresse de référence.

Un pays né sous le signe de la crevette

L’histoire commence avec des marins portugais qui remontent en 1472 le cours d’un estuaire grouillant de crevettes et lui donnent le nom de « Rio dos Camarões ». Cinq siècles et demi plus tard, le Cameroun porte encore dans son nom la trace de cette richesse naturelle. Mais la crevette n’est pas qu’une curiosité historique : elle est aujourd’hui le premier produit halieutique d’exportation du pays, une filière qui mobilise des dizaines de milliers d’acteurs, du pêcheur artisanal de Limbe à l’exportateur industriel de Douala.

La production annuelle est estimée à quelque 4 200 tonnes pour la pêche industrielle, auxquelles s’ajoutent plus de 1 000 tonnes issues de la pêche artisanale. Quatre espèces structurent cette production : la crevette rose (Penaeus notialis), la gambas (Penaeus monodon), la crevette guinéenne (Parapenaeopsis atlantica) et la caramote (Penaeus kerathurus). Ensemble, elles représentent une valeur économique considérable — la seule pêche artisanale étant évaluée à plus de 53 millions de dollars selon une enquête socio-économique réalisée en 2024 à la demande de la FAO.

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Pourtant, cette richesse reste sous-exploitée sur le plan commercial. Pendant dix-huit ans, les exportations camerounaises vers l’Union européenne ont été suspendues pour raisons sanitaires, privant la filière de son marché le plus rémunérateur. Résultat : 80 à 90 % de la production est consommée localement, et les exportations qui subsistent transitent en grande partie de manière informelle vers des marchés asiatiques, à des prix bien inférieurs à la valeur réelle du produit.

C’est dans ce contexte que le projet FISH4ACP a été lancé en juin 2021 à la demande du gouvernement camerounais, avec le soutien de l’Union européenne et du ministère allemand de la Coopération (BMZ). La filière crevette camerounaise a été retenue parmi douze chaînes de valeur prioritaires dans les pays ACP ( Afrique, Caraïbes, Pacifique ) pour bénéficier d’un appui structurant mis en œuvre par la FAO. L’objectif est clair : transformer durablement la filière, en la rendant plus compétitive, plus traçable et mieux valorisée sur les marchés internationaux.

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Les premiers travaux ont permis de dresser un diagnostic sans complaisance. La filière est rentable, certes, mais fragile : durabilité économique évaluée à 60 %, sociale à 44 %, environnementale à 42 %, résilience à 42 %. La pêche illégale, l’insuffisance de la chaîne du froid, l’absence de traçabilité formelle et les lacunes de gouvernance sont autant de vulnérabilités identifiées. Une stratégie de mise à niveau a été validée en 2022, en concertation avec le MINEPIA et tous les acteurs. Elle couvre la gestion des stocks, les infrastructures, la formation, la traçabilité et, au sommet de la pyramide, la valorisation par la propriété intellectuelle. L’atelier du Refuge des Princes s’inscrit dans cette dernière ambition.

L’Indication Géographique : l’arme secrète des filières qui gagnent

Le nom « Champagne » vaut plusieurs milliards d’euros à l’économie française chaque année. Le « Roquefort » est protégé dans 160 pays. Le « Darjeeling » commande un premium de 30 à 50 % sur le marché mondial du thé. Ces produits ont en commun un outil juridique méconnu mais redoutablement efficace : l’Indication Géographique. C’est précisément cet outil que le CONAPIG et ses partenaires ont choisi de présenter aux acteurs camerounais de la crevette lors des deux journées de travail organisées au Refuge des Princes.

Une IG est un signe de qualité officiel qui lie un produit à un territoire précis. Pour qu’elle soit accordée, le produit doit présenter une qualité, une réputation ou une caractéristique spécifique essentiellement attribuable à son origine géographique — son sol, son climat, ses eaux, ou les savoir-faire locaux qui lui sont associés. Une fois enregistrée, cette indication interdit à quiconque d’utiliser le nom protégé pour des produits ne provenant pas de la zone délimitée. Elle crée une barrière à l’imitation et un signal de confiance pour les acheteurs.

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Au Cameroun, le dispositif existe et a déjà fait ses preuves. Le poivre de Penja, le miel d’Oku, le café Arabica du Bamenda, le piment de Foumban : ces produits agricoles bénéficient d’une IG enregistrée auprès de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), qui couvre les seize États membres de l’organisation. Ces succès montrent que la route est tracée. Il reste à savoir si la crevette du Cameroun peut emprunter ce même chemin.

La question n’est pas rhétorique. Les eaux côtières camerounaises, nourries par les mangroves du littoral atlantique et les apports fluviaux des grands bassins versants, constituent un écosystème d’une richesse particulière. Les crevettes qui en sont issues présentent des caractéristiques organoleptiques et une fraîcheur que les acteurs de la filière peinent à valoriser faute d’outils formels. Une appellation du type « Crevette de l’estuaire du Wouri » ou « Crevette du littoral camerounais » pourrait cristalliser cette identité, lui donner une force juridique et ouvrir la porte à des marchés de niche à haute valeur ajoutée.

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C’est cette perspective que les onze sessions de l’atelier ont pour mission d’explorer et de vulgariser. Sur deux jours, les experts du CONAPIG — MESSA Petit, ENYEGUE, AKO’O ABONDO, OBAM — ainsi que les représentants de l’OAPI et de la FAO conduiront les participants à travers l’ensemble du processus : définition d’une IG, avantages pour les producteurs, étapes d’enregistrement à l’OAPI, normes de production compatibles, gestion de la qualité, lutte contre la contrefaçon, stratégies de marketing. Un cursus complet conçu pour que chaque acteur de la chaîne reparte avec une vision claire des possibilités qui s’ouvrent à lui.

Deux jours au Refuge des Princes pour changer la donne

L’atelier s’ouvre le mardi 21 avril 2026 à 8h30 avec l’accueil des participants, avant que les allocutions d’ouverture ne donnent, dès 9 heures, la solennité que mérite l’enjeu. Trois voix porteront ce message inaugural : le représentant du MINEPIA, le représentant de l’OAPI et le représentant de la FAO. Trois institutions dont la convergence au sein du même événement dit mieux que tout discours la dimension stratégique de cet atelier.

La matinée est consacrée aux fondamentaux. Après la présentation de l’équipe de formation et un tour de table des participants, MESSA Petit du CONAPIG prend la parole pour deux sessions décisives. La première porte sur la définition même des Indications Géographiques et leur pertinence pour la filière crevette camerounaise. La seconde explore la valorisation des produits de la mer et le développement économique local que peut induire l’enregistrement d’une IG. Ce n’est pas de la théorie : c’est la feuille de route d’une transformation économique.

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L’après-midi s’articule autour de cas concrets et du cadre institutionnel. Session 3 : les succès des IG dans d’autres filières similaires au Cameroun, pour démontrer par l’exemple que le modèle fonctionne. Session 4 : les avantages tangibles, des primes de prix à l’accès aux marchés d’exportation rémunérateurs. Sessions 5 et 6 : le cœur du réacteur, animées par l’OAPI elle-même, qui détaille le processus de reconnaissance et d’enregistrement d’une IG, puis le rôle de chaque acteur dans sa gestion et sa labellisation. Le mercredi 22 avril prolonge et approfondit. La matinée s’ouvre sur la maîtrise de la chaîne de valeur : ENYEGUE du CONAPIG détaillera les normes de production, de transformation et de conservation compatibles avec une IG, avec un focus particulier sur la chaîne du froid et le contrôle qualité — deux talons d’Achille historiques de la filière. Puis AKO’O ABONDO abordera la gestion de la qualité dans ses dimensions les plus concrètes : méthodes de capture durables, homogénéisation de la production, reconnaissance par les marchés.

L’après-midi du second jour va au-delà de la valorisation pour aborder les défis qui conditionnent sa pérennité. ENYEGUE reviendra sur la pêche illégale, fléau bien documenté de la filière, et montrera comment une IG peut constituer un levier de régulation. OBAM abordera la protection du label contre la contrefaçon. Enfin, AKO’O ABONDO conclura les travaux techniques par une session sur le développement commercial et le marketing des produits sous IG. La clôture est prévue à 17 heures — après deux journées denses qui pourraient bien marquer un tournant pour la crevette camerounaise.

De l’atelier des acteurs de la crevette à la prochaine conférence diplomatique, en passant par les mariages de standing et les séminaires d’entreprise, Le Refuge des Princes s’impose progressivement comme l’adresse incontournable pour tout événement qui exige, à Douala, un cadre à la hauteur de ses ambitions. La filière crevette l’a choisi pour écrire l’une des pages de son histoire. D’autres suivront.

…………

Atelier de sensibilisation des acteurs de la filière crevettes du Cameroun sur l’Indication Géographique et son enregistrement à l’OAPI | Organisateurs : CONAPIG (MINADER) – FISH4ACP – FAO – OAPI | Dates : 21 et 22 avril 2026 | Lieu : Hôtel Le Refuge des Princes – Yassa (Scierie de Yatchika), Douala 3e | Axe Douala-Yaoundé, entrée Est de Douala

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