La Première Dame du Cameroun et Présidente Fondatrice de Synergies Africaines a publié le 6 mars 2026 un message solennel à l’occasion de la 41ème Journée Internationale des Droits des Femmes. Chantal Biya y dénonce avec force la montée des féminicides et appelle à une mobilisation collective. Son message intervient dans un contexte alarmant : entre janvier et février 2026, vingt-six femmes ont perdu la vie au Cameroun des suites de violences conjugales. Treize par mois. Une réalité que la Première Dame refuse de taire.
Un message qui vient du cœur
À la veille du 8 mars 2026, Chantal Biya a choisi de prendre la parole sur un sujet qui endeuille le Cameroun depuis le début de l’année. Dans un message empreint d’émotion et de gravité, la Première Dame s’adresse à la nation en femme, en mère et en épouse avant tout. « Mon cœur est lourd quand je pense à toutes nos sœurs, nos filles, victimes de féminicides », écrit-elle d’emblée, donnant ainsi le ton d’un message qui ne ressemble pas aux discours de circonstance habituels. Elle n’hésite pas à qualifier la situation d’ « indicateur alarmant d’une régression dans la défense de nos droits », reconnaissant que la lutte pour les droits fondamentaux des femmes — à commencer par le droit à la vie — est loin d’être gagnée.
Ce message s’appuie sur le thème retenu pour cette 41ème édition : « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles ». Un thème que Chantal Biya qualifie d’« impératif catégorique », soulignant qu’au 21ème siècle, il est « désolant et honteux » de devoir encore se battre pour le droit fondamental à la vie pour la femme. La Première Dame ne se contente pas de dresser un constat — elle interpelle directement la conscience collective, hommes et femmes, en rappelant que ce combat est l’affaire de tous. « Dans ce combat, l’implication active des hommes reste une condition nécessaire », insiste-t-elle, avant de lancer un appel vibrant : « Ensemble, mobilisons-nous, hommes et femmes, pour bâtir une société plus juste et plus égalitaire » .
La solennité du message est renforcée par la clarté de la position qu’elle défend. Loin des formules diplomatiques, Chantal Biya pose une ligne rouge sans équivoque : « Rien, absolument rien, ne justifie le meurtre d’une femme ». Une affirmation qui résonne comme un impératif moral adressé à toute la société camerounaise, et qui prend une dimension particulière au regard des drames qui ont endeuillé le pays ces deux derniers mois.
Le Cameroun face à une réalité brutale
Les chiffres sont sans appel. Entre janvier et février 2026, vingt-six femmes ont perdu la vie au Cameroun dans des contextes de violences conjugales ou domestiques. Treize par mois. Une cadence qui illustre avec une acuité douloureuse l’urgence du message porté par la Première Dame. Ces chiffres ne sont pas des abstractions — ils correspondent à des visages, des histoires, des familles brisées dans des villes et des quartiers du Cameroun.
À Douala, dans le quartier CCC, une femme a été tuée à l’arme blanche par son compagnon à la suite d’une dispute conjugale. Le drame a provoqué une vive émotion dans le voisinage et relancé le débat sur les violences domestiques dans la capitale économique. Toujours à Douala, un autre cas d’une brutalité extrême a choqué l’opinion publique : un homme a tué sa partenaire avant de lui trancher la tête. Des actes d’une violence inouïe qui ont profondément marqué les esprits et mis en lumière la gravité de la situation.
À Sangmélima, une jeune femme de 27 ans a été retrouvée morte avec des traces de violence, son compagnon étant identifié comme principal suspect. À Kribi, un différend domestique s’est soldé par la mort d’une femme militaire, tuée par son partenaire qui s’est ensuite suicidé. Quatre cas parmi vingt-six — quatre drames qui illustrent ce que Chantal Biya appelle « ces actes inacceptables dont le nombre augmente de manière inquiétante ».
Ces faits divers, aussi horribles les uns que les autres, traduisent une tendance profonde que les chiffres confirment mois après mois. Les violences conjugales au Cameroun ne connaissent ni frontières géographiques ni distinctions sociales. Elles frappent dans les grandes villes comme dans les villes secondaires, dans tous les milieux, dans toutes les catégories socioprofessionnelles.
La femme militaire de Kribi comme la femme du quartier CCC de Douala sont victimes du même phénomène — celui d’une violence domestique qui, faute d’être suffisamment combattue, continue de faire des victimes à un rythme alarmant.
L’engagement du Cameroun pour la femme
Face à ce tableau sombre, Chantal Biya rappelle dans son message l’engagement personnel du Président de la République en faveur des femmes et des jeunes. « Au Cameroun, dans la continuité de sa vision et de son action, Son Excellence Paul Biya, Président de la République, a choisi de consacrer son nouveau septennat aux femmes et aux jeunes », écrit-elle, saluant « une reconnaissance forte du rôle essentiel joué par la femme dans l’équilibre et le développement de nos sociétés ». Un engagement politique au plus haut niveau de l’État qui doit se traduire, selon la Première Dame, en actions concrètes et mesurables pour protéger les femmes et garantir leurs droits fondamentaux.
Car au-delà de la condamnation des féminicides, le message de Chantal Biya brosse un portrait plus large de la femme camerounaise et africaine — celle qui, dans tous les domaines, « a toujours su faire preuve de courage, de dynamisme et d’un sens élevé de l’entrepreneuriat ». Des sciences aux arts, de l’agriculture au commerce, de la haute technologie à l’industrialisation — la femme est partout, contribue à tout, et mérite en retour une protection à la hauteur de sa contribution. La Première Dame le dit sans détour : « La femme a le droit d’être protégée et traitée avec respect et considération » .
Cette vision d’une femme active, contributrice et digne s’inscrit dans le travail que Synergies Africaines, l’organisation fondée et présidée par Chantal Biya, mène depuis des années en faveur des femmes et des enfants vulnérables sur le continent africain. Ce 8 mars, la Présidente Fondatrice de Synergies Africaines ne célèbre pas — elle interpelle. Elle rappelle que les droits des femmes ne se décrètent pas, ils se défendent, jour après jour, bien au-delà du 8 mars. « Le combat pour le droit à la vie, à l’éducation, à la santé, à l’égalité des chances, à l’accès à un emploi décent et à l’autodétermination des femmes est avant tout notre défi principal », conclut-elle, avant de lancer un dernier appel à l’action : « Chaque femme doit jouer pleinement sa partition, avec audace et persévérance » .









