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Cameroun| «La paix ne se décrète pas» : au Palais de l’Unité, Léon XIV secoue le gouvernail de l’État

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Pape,Cameroun,Paul Biya
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Sous les ors du Palais d’Étoundi, dans le Yaoundé embrasé par une ferveur populaire sans précédent, le nouveau Souverain Pontife a livré ce mercredi 15 avril son premier grand discours sur le sol Camerounais. Devant les autorités camerounaises, la société civile et le corps diplomatique, Léon XIV a décliné, avec une franchise pontificale rare, une feuille de route exigeante : refus de la violence, éloge de la diversité, réhabilitation de la femme dans les sphères de décision, et apostrophe directe aux gouvernants sur la corruption. Un discours qui restera.

Il est exactement 15h20, ce mercredi 15 avril 2026, lorsque l’appareil d’ITA Airways se pose sur le tarmac de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. La passerelle s’ouvre. Et le Pape Léon XIV apparaît. Ce moment que des milliers de fidèles, massés aux abords de l’aéroport depuis les premières heures du matin, attendaient avec une impatience mêlée de recueillement déclenche une déflagration de joie. Des chants, des cris, des larmes. Le Cameroun a retenu son souffle pendant des semaines. Il peut maintenant respirer.

L’homme qui descend de cet avion arrive d’Alger, où il a passé quarante-huit heures en pèlerin sur les traces de saint Augustin, évêque d’Hippone et père spirituel de son pontificat. Entre Alger et Yaoundé, l’avion a parcouru 4 014 kilomètres en cinq heures et dix minutes de vol, survolant successivement l’Algérie, le Niger, le Tchad, le Nigeria, avant d’atterrir en terre camerounaise. Un trajet aérien qui dit, à lui seul, la profondeur géopolitique de ce voyage : l’Afrique dans toute son immensité, traversée par un homme venu porter un message de paix.

À la passerelle, le Premier ministre Joseph Dion Ngute l’accueille officiellement, entouré des évêques camerounais en étole violette et blanche, dans une solennité sobre mais chargée d’émotion. La cérémonie de bienvenue s’est déroulée avec l’apparat protocolaire qui sied à la réception d’un chef d’État car c’est bien en cette qualité que le Saint-Siège est reconnu dans le concert des nations , mais aussi avec cette chaleur particulière que le Cameroun réserve à ses hôtes de marque. Les couleurs pontificales et les couleurs nationales se mêlaient, les hymnes résonnaient, et quelque chose d’historique était déjà perceptible dans l’air tropical de la capitale.

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C’est la quatrième fois qu’un Pape foule le sol camerounais. Léon XIV s’inscrit ainsi dans une lignée illustre : Jean-Paul II, qui vint deux fois au Cameroun, en 1985 et en 1995, et Benoît XVI, en 2009. Mais il y a dans cette visite une dimension supplémentaire : c’est le premier Pape à venir après la crise anglophone qui a ensanglanté les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, après les ravages de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, après toutes ces années de souffrance silencieuse ou criante. Léon XIV ne vient pas dans un pays de carte postale. Il vient dans un pays blessé qui aspire à guérir.

Le président Paul Biya, lui, est au Palais de l’Unité. Nonagénaire — il est né le 13 février 1933 — et dépositaire d’une mémoire pontificale extraordinaire, puisqu’il a connu neuf papes au cours de sa vie, de Pie XI à Léon XIV, il reçoit le Successeur de Pierre dans l’intimité feutrée de cette rencontre de courtoisie qui précède le grand discours public. «C’est avec une joie immense que je vous accueille, à l’occasion de cette visite historique», dit-il lors du discours d’accueil. Il évoque la coexistence pacifique entre confessions religieuses, un modèle dont le Cameroun se dit «légitimement fier», et ajoute, avec une gravité sincère : «Le message de paix et de concorde dont vous êtes porteur résonne avec une force particulière dans nos cœurs.»

Peu après, dans le grand salon où autorités, diplomates et représentants de la société civile sont rassemblés, Léon XIV prend la parole. Et ce qu’il dit va traverser les frontières.

L’«Afrique en miniature» comme promesse

Le Pape commence par là où tout commence quand on parle du Cameroun : sa diversité. Cette diversité qui, dans d’autres bouches, dans d’autres contextes, peut sonner comme un euphémisme pour désigner la fragmentation. Mais Léon XIV, lui, en fait dès l’entame de son discours une déclaration de foi : «Cette variété n’est pas une fragilité, mais un trésor. Elle est une promesse de fraternité et une fondation solide pour construire une paix durable».

Ces mots ont une résonance particulière dans un pays qui abrite plus de deux cent cinquante groupes ethniques, qui parle deux langues officielles et des dizaines de langues nationales, qui s’étend des savanes du Sahel aux forêts équatoriales du bassin du Congo, des côtes de l’Atlantique aux hauteurs de l’Adamaoua. Le Cameroun a longtemps porté avec une fierté teintée d’anxiété cette étiquette d’«Afrique en miniature», conscient que la miniature peut aussi être une maquette de toutes les tensions du continent. Léon XIV choisit de l’entendre autrement : comme une chance.

Il le dit en «pasteur et serviteur du dialogue», c’est ainsi qu’il se présente lui-même, dès les premières phrases de son allocution, ce qui n’est pas une formule de style mais une déclaration de méthode. Car Léon XIV, depuis son élection, a fait du dialogue interreligieux, interculturel, politique la colonne vertébrale de son pontificat. Venir au Cameroun, c’est donc venir dans ce laboratoire vivant où chrétiens, musulmans, animistes et adeptes de toutes traditions cohabitent, parfois difficilement, mais cohabitent. Ce modèle-là mérite d’être défendu, consolidé, exporté.

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Le Souverain Pontife ne s’arrête pas à ce tableau lumineux. Il décrit ensuite le monde dans lequel cette beauté doit se déployer, et c’est un monde sombre : «Nous vivons une époque où la résignation se répand», où «un sentiment d’impuissance tend à paralyser le renouveau que les peuples ressentent profondément». Cette formulation est juste et douloureuse. Elle dit quelque chose de vrai sur l’Afrique subsaharienne, sur ce sentiment diffus que les promesses des indépendances ont été trahies, que les institutions ne servent pas les peuples, que les jeunes sont condamnés à émigrer ou à souffrir.

Face à ce diagnostic, Léon XIV ne se résigne pas. Il lance comme un cri : «Que de faim et soif de justice ! Que de soif de participation, de visions, de choix courageux et de paix !» Et il précise l’objet de son désir le plus profond : «Mon grand désir est de toucher le cœur de chacun, en particulier celui des jeunes, appelés à façonner, y compris sur le plan politique, un monde plus juste».

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Saint Augustin sur les rives du Wouri

Il y a dans le pontificat de Léon XIV quelque chose qui tient du projet intellectuel autant que spirituel. Cet homme a choisi, dès son élection, de placer son ministère sous le patronage de saint Augustin d’Hippone , ce fils de l’Afrique du Nord qui a pensé la cité humaine et la cité de Dieu dans un dialogue permanent, tendu, inachevé. Et il vient de passer quarante-huit heures en Algérie, sur les terres mêmes où Augustin vécut, enseigna, écrivit et mourut. Quand il parle devant les autorités camerounaises, il sort donc d’une immersion augustinienne que l’on ne saurait réduire à un exercice touristique.

C’est dans ce contexte qu’il convoque la formule du De Civitate Dei — «Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. Ils ne commandent pas par soif de domination, mais par devoir de subvenir aux besoins ; non par orgueil pour s’imposer, mais par compassion pour protéger» — qu’il qualifie de «grande actualité», et l’on mesure l’ironie discrète de l’adjectif : seize siècles séparent Augustin de ce discours au Palais d’Étoudi, et pourtant ces mots sonnent comme s’ils avaient été écrits hier, pour ceux qui sont assis dans cette salle.

Ce n’est pas une citation décorative. C’est une mise en demeure. Car Léon XIV ne se contente pas de rappeler la pensée d’Augustin, il l’applique immédiatement à la réalité camerounaise et africaine : «Servir son pays, c’est se consacrer, avec un esprit lucide et une conscience intègre, au bien commun de tout le peuple : de la majorité, des minorités, dans leur harmonie réciproque». Chaque mot compte. «Esprit lucide» : contre le mensonge d’État et l’autosatisfaction du pouvoir. «Conscience intègre» : contre la corruption comme mode de gouvernance. «Majorité et minorités» : contre les politiques qui instrumentalisent les clivages ethniques et confessionnels.

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Et il va plus loin encore, en convoquant cette fois le Pape François, son prédécesseur, sur la question sociale : gouverner, ce n’est pas faire des politiques «envers les pauvres», mais «avec les pauvres», «pour les pauvres», «inscrites dans un projet qui rassemble les peuples». Cette distinction, en apparence sémantique, est en réalité une révolution de paradigme. Elle refuse la philanthropie condescendante pour exiger la participation. Elle refuse l’assistance pour réclamer la justice structurelle.

Léon XIV déploie ensuite, avec une précision que l’on doit à sa formation intellectuelle autant qu’à sa foi, sa conception du gouvernement : «Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins. Le commandement “aime ton prochain comme toi-même” s’applique également aux relations internationales ! Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens, estimer leur intelligence et leur capacité à contribuer à l’élaboration de solutions durables aux problèmes.» Cette séquence est remarquable à plusieurs titres. D’abord parce qu’elle relie l’éthique personnelle à la politique internationale , autrement dit, un dirigeant qui n’aime pas ses voisins viole un commandement évangélique. Ensuite parce qu’elle réhabilite les citoyens comme acteurs et non comme spectateurs ou bénéficiaires passifs.

Dans cette salle du Palais de l’Unité, face à des officiels habitués à un certain langage diplomatique, cette parole pontificale a dû résonner avec une force particulière. Léon XIV ne flatte pas. Il exige.

Les blessures ouvertes : Nord-Ouest, Sud-Ouest, Extrême-Nord

Il y a des moments, dans un discours officiel, où le locuteur choisit de regarder en face ce que la politesse voudrait qu’il contourne. Léon XIV choisit de regarder en face. Et ce qu’il voit, ce qu’il nomme ce sont les crises qui ont déchiré le Cameroun ces dernières années.

Il parle des «tensions et des violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l’extrême nord». Il ne les nomme pas autrement, ne les qualifie pas politiquement, ne prend pas parti dans des débats qui appartiennent aux Camerounais eux-mêmes. Mais il en dit les conséquences humaines avec une précision qui ne laisse aucune place à l’euphémisme : «Des vies perdues, des familles déplacées, des enfants privés d’école, des jeunes qui ne voient pas d’avenir». Et il ajoute : «Derrière les statistiques, il y a des visages, des histoires, des espérances brisées».

Face à ces situations, Léon XIV renouvelle une position qu’il a déjà exprimée depuis son élection et qu’il a développée en Algérie : il faut «rejeter la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice». Cette paix, il lui donne deux adjectifs qui forment, dans sa bouche, une sorte de manifeste : elle est «désarmée» — «c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements» — et «désarmante», «car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confiance, l’empathie et l’espérance».

Il insiste : «La paix ne peut être réduite à un slogan. Elle doit s’incarner dans un style, personnel et institutionnel, qui rejette toute forme de violence». Cette invocation de l’«institutionnel» rappelle que la paix n’est pas seulement affaire de bonne volonté individuelle mais de structures, de lois, de pratiques de gouvernance. Et il va plus loin, avec un cri qui vaut pour le Cameroun comme pour le monde entier : «Le monde a soif de paix. Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés. Ce cri veut être un appel à la volonté de contribuer à une paix authentique, en la faisant passer avant tout intérêt partisan».

La corruption, appelée par son nom

C’est probablement là que le discours atteint son moment le plus courageux, le plus difficile à prononcer dans une enceinte officielle, face à des représentants de l’État. Léon XIV ne l’a pas esquivé. Il a dit le mot. Il a dit la chose.

«La transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance», commence-t-il, avec une mesure rhétorique qui prépare le coup qui suit. Puis : «Il faut briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité.» Et encore : «Il faut libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie».

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Ce registre — celui de l’idolâtrie — est proprement augustinien. Pour Augustin, l’idolâtrie n’est pas seulement le fait de se prosterner devant des statues ; c’est mettre quelque chose d’autre à la place de Dieu, un bien partiel à la place du Bien absolu. La soif de gain, l’accumulation de richesses au détriment des autres, l’enrichissement par le détournement des ressources publiques.. tout cela est idolâtrie, parce que cela consacre une fausse transcendance. Le Pape le dit ainsi : «Le véritable gain, c’est le développement humain intégral, c’est-à-dire la croissance équilibrée de tous les aspects qui font de la vie sur cette terre une bénédiction».

Mais avant d’en arriver à ce sommet, Léon XIV avait posé les conditions préalables : les institutions doivent être «justes et crédibles» pour «devenir des piliers de la stabilité». L’autorité publique «est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division, même là où l’insécurité semble régner». La sécurité, certes, «est une priorité», mais elle doit toujours «s’exercer dans le respect des droits de l’homme, en unissant rigueur et grandeur d’âme, avec une attention particulière pour les plus vulnérables».

Il avait aussi, quelques minutes plus tôt, invité solennellement à «oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux». Cette formulation — «saut qualitatif» — vient de la tradition intellectuelle du développement intégral, cher à la doctrine sociale de l’Église. Elle implique une rupture, un changement de nature et non simplement de degré. On ne sort pas de la corruption par de petits ajustements. On en sort par une conversion.

La femme… Et les jeunes

Il y a une figure dans ce discours qui mérite une attention particulière : la femme. Léon XIV y consacre un développement spécifique, distinct de ses propos généraux sur la société civile, et cela dit quelque chose de son pontificat.

Il reconnaît d’emblée une réalité cruelle : les femmes «sont souvent les premières victimes des préjugés et des violences». Cette formulation refuse l’angélisme. Dans les zones de conflit camerounaises, dans les régions frappées par Boko Haram, dans les milieux ruraux où les mariages précoces persistent, dans les environnements urbains où le harcèlement est endémique  partout, les femmes paient un prix disproportionné. Le Pape le dit, sans détours.

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Mais il refuse de s’arrêter à ce tableau de victimisation, qu’il considère incomplet et, en définitive, réducteur. Car ces mêmes femmes «restent des artisans infatigables de paix». Et il le démontre : «Leur engagement dans l’éducation, la médiation et la reconstruction du tissu social est sans égal». Ce n’est pas une figure de style. C’est un fait documenté, dans les rapports de l’ONU sur les femmes dans les processus de paix, dans les études sur la société civile en Afrique subsaharienne, dans l’expérience quotidienne des communautés camerounaises où ce sont souvent des femmes — chefs de famille, animatrices associatives, médiatrices communautaires — qui tiennent le tissu social à bout de bras.

Si le discours de Léon XIV au Palais de l’Unité a un fil conducteur qui court de l’exorde à la péroraison, c’est bien le destin de la jeunesse camerounaise. Il y revient à plusieurs reprises, avec une insistance qui signale une conviction profonde. Il avait déjà posé le problème en termes généraux : les jeunes sont «appelés à façonner, y compris sur le plan politique, un monde plus juste». Mais c’est dans la dernière partie de son discours qu’il développe vraiment ce thème, avec une lucidité qui refuse à la fois l’idéalisme naïf et le pessimisme défaitiste. «Les jeunes représentent l’espérance du pays et de l’Église», dit-il. «Leur énergie et leur créativité sont des richesses inestimables».

Mais — et c’est là que le diagnostic devient exigeant — «lorsque le chômage et l’exclusion persistent, la frustration peut engendrer de la violence». Cette phrase dit quelque chose d’important sur la géopolitique des crises africaines. La violence dans les régions anglophones n’est pas seulement politique ; elle est aussi sociale, économique, existentielle. Des jeunes sans emploi, sans horizon, sans sentiment d’appartenance à un projet national, sont des proies pour les discours extrémistes, pour les offres de rémunération des groupes armés, pour les dérives de la criminalité. Le Pape ne dit pas que la pauvreté excuse la violence. Il dit que l’absence de perspective légitime la nourrit.

D’où sa conclusion sur ce que les gouvernants et la société doivent faire : «Investir dans l’éducation, dans la formation et dans l’esprit d’entreprise des jeunes» est «un choix stratégique pour la paix». Stratégique — pas seulement humaniste ou compassionnel. Stratégique, au sens où c’est le seul moyen «d’endiguer l’hémorragie de talents merveilleux vers d’autres régions de la planète» et de lutter contre «les fléaux de la drogue, de la prostitution et de la torpeur qui dévastent trop de jeunes vies, de manière toujours plus dramatique».

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Ce passage sur la fuite des cerveaux est d’une pertinence aiguë. Le Cameroun est un des pays africains les plus affectés par l’émigration de ses élites éduquées. Médecins, ingénieurs, professeurs, entrepreneurs — une fraction significative de ce que le pays a formé au prix fort travaille à Paris, à Bruxelles, à Montréal ou à Toronto, contribuant à des économies qui n’ont pas financé leur formation. Léon XIV ne le dit pas avec amertume mais avec une franchise qui engage les responsabilités politiques.

Et pourtant, il ne cède pas au catastrophisme. Car la jeunesse camerounaise a, dit-il, une ressource que les statistiques économiques ne capturent pas : «une spiritualité profonde qui résiste encore à l’uniformisation du marché». D’après lui, la jeunesse camerounaise, dans sa grande majorité, est profondément croyante, ancrée dans des traditions religieuses qui lui offrent des repères moraux, des communautés de soutien, des visions du monde qui dépassent la logique marchande. «Elle est une énergie qui rend leurs rêves précieux, ancrés dans les prophéties qui nourrissent leurs prières et leurs cœurs».

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